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Projets

DES BALLES QUI SE PERDENT / NEBRASKA

  • Label: CRÉATION TRANS-MEDIA 2022

Création « à double canon avec trainées de poudre »

Mise en scène Guillaume Bariou

Textes de Sophie Merceron et Guillaume Bariou 

CRÉATION AUTOMNE 2022

#théâtre en série

#trans-média

#méta-théâtre

 

A télécharger : Dossier production 2020 DBQSP:NEBRASKA

UN PROJET THÉÂTRAL SÉRIEL ET TRANS-MÉDIA

DES BALLES QUI SE PERDENT / NEBRASKA, c’est un univers de fiction qui se déploie sur plusieurs propositions artistiques : deux spectacles, un projet d’exposition et d’édition graphique et un texte destiné au jeune public. Des propositions indépendantes, mais envisagées et conçues comme un tout. Chaque pièce de ce puzzle peut être appréhendée (et programmée) de manière autonome, et constituer un point d’entrée sur la création globale. C’est un projet inspiré par l’architecture des séries télévisés et les logiques de narration augmentée du trans-media. Pour les lieux de diffusion, c’est une possibilité de créer une connivence avec le public, en jouant avec l’aspect sériel du projet. Il s’agit de défendre l’idée de rendez-vous multiples avec une compagnie et un même univers narratif. Un univers né dans le prélude de création Des Balles qui se perdent, produit au Lieu Unique de Nantes en octobre 2020. 

 

Des balles qui se perdent

(reprise création / première cartouche).

Expérience performative, théâtrale et radiophonique sur fond de western postmoderne. Il y a, quelque part sur terre, un territoire presque vierge. Une terre aride, sauvage et inhabitée. Une zone unique, où le ciel est préservé de la pollution lumineuse des hommes, une sorte de trou noir. C’est l’endroit qu’ont choisi ces trois femmes pour venir y enterrer leurs démons. Via un poste radio, elles captent la voix d’un illuminé qui a décidé de se disséminer dans les ondes, et qui semblent les suivre à distance dans leurs divagations. Des balles qui se perdent définit un espace possible d’utopie : un monde de femmes, des résistantes, qui doivent apprendre à vivre ensemble pour ne pas sombrer dans la barbarie. Le théâtre est aujourd’hui devenu, malgré lui, un espace vide, un territoire à reconquérir. Pourquoi ne pas envisager la scène comme un nouveau far-west, ce lieu d’utopie et de projections en tout genre ? On allait chercher de l’or à l’ouest, ou une ville, un terrain, un bandit… Ou alors on cherchait à préserver son territoire, sa culture. Il s’agissait au final de survivre sur une terre hostile en inventant une nouvelle forme d’existence. Pour nous, il s’agit donc de jouer avec les codes du western, dans une optique survivaliste, féministe et uchronique. Quand il n’y a pas encore de lois, ou qu’elles sont mises à mal, il faut créer un espace commun et réussir à créer un nouveau langage pour réorganiser un monde. Avec des camarades de fortune. Quand il n’y a plus de famille qui tienne il faut se contenter de ceux qui restent. 

Nebraska (création / deuxième cartouche).

Spin-off de « Des balles qui se perdent ». « On définit une société par ce qu’elle rejette ». Michel Foucault « Le type dans la radio » (Des balles qui se perdent) est devenu personnage central. Il s’appelle Stag. Il vit avec son animal de compagnie, un iguane, appelé Nebraska. Il vit dans son studio de radio installé dans une caravane. Une caravane américaine. Genre Airstream. On s’éloigne ici des codes du western. Du temps s’est écoulé. Et la civilisation s’est rapprochée. Il vit toujours dans le désert, et autour de lui il y a des gouffres. Des failles abruptes dans le sol. Des canyons profonds. Comme ceux du Colorado. Des crevasses qu’on ne voit qu’au dernier moment, juste avant de faire le pas de trop. Dans son studio de radio, il continue d’émettre bien sûr, mais il reçoit le bruit du monde aussi. Il est resté connecté. Par les ondes de la radio, il reçoit des messages, des voix. Du monde entier. Des gens lui racontent leurs rêves, leurs vies, leurs peurs, leurs espoirs. Ces voix lui parviennent de partout, un môme en banlieue d’Anvers, une jeune femme au bord du Gange, un homme en haut d’une tour dans un quartier d’affaire taïwanais. Des voix et le bruit qui les entoure. Le vacarme du monde. Stag reçoit régulièrement la visite de trois personnes, Lise, Tank, et Wolf. Ils appartiennent au monde urbain. La ville n’est pas loin. Ils viennent jusqu’à lui pour chercher un repère. C’est comme un phare au milieu du désert. Ils sont paumés et ce monde comme il va ne veut pas d’eux et les rejette sans cesse. Stag agit comme un catalyseur, un peu comme un chaman, mais pas en mode gourou. Plutôt une sorte de médium, de Vernon Subutex, ou un sage qui n’aurait pas l’ambition de l’être. Ils sont tous les trois cabossés par la vie. Au premier sens du terme, d’ailleurs, pour Wolf. Un amoureux des voitures, qui a périt dans un accident. Mais il ne le sait pas. Qu’il n’est plus là. Et il s’accroche à la vie. Se refuse à partir. Et reviens vers Stag chaque nuit. Tank est une danseuse de pole-dance. Elle est âgée maintenant. Et ses jambes ne la tienne plus. Elle est une vieille danseuse noire qui doit se déplacer en fauteuil roulant. Elle a connu la nuit. En ce qu’elle a de plus sulfureux, dangereux et irréversible. Lise est une jeune femme, très jeune femme. Pas encore tout à fait une adulte. Le vacarme du monde la blesse. Elle n’y trouve pas sa place. Elle voudrait disparaître. C’est pour ça qu’elle revient chaque fois vers Stag. Elle vient se faire tatouer la peau. Lui, sait faire ça. Chaque nuit, il lui recouvre la peau d’encre bleue. Et son corps disparaît. Elle devient une oeuvre d’art. Pendant ce temps, à Florence, un tableau est aussi en train de disparaître. Lentement. Mangé lentement par un champignon. Une mérule. Qui avale le personnage de ce tableau. Il va disparaître jusqu’à devenir une grande tâche sombre. Ce tableau, c’est « Le Courage » de Botticelli. On y voit une très jeune femme. Elle est censée représenter le courage donc, la force aussi. On lui a d’ailleurs donné une arme pour ça. Son visage raconte le contraire. Son visage raconte la mélancolie, le désarroi, la volonté d’échapper à ce qu’on voudrait d’elle. La disparition de ce tableau va donner la temporalité à la pièce. Il va disparaître tout le long de la pièce jusqu’au noir final.