M.V.-I.C. AGADIR (2018-2021)

Repères

  • Projet : MVIC Agadir – Mémoire des Villes / Imaginaires de la Catastrophe
  • Artistes : Guillaume Bariou, Sofian Jouini, Anaïs Allais, Karim Bouheudjeur
  • Cadre : recherche artistique et performance
  • Lieu : Agadir, Maroc
  • Période de recherche : 2018 – 2021
  • Forme produite : performance Godzilla vs Elvis
  • Champ de recherche : catastrophe, mémoire urbaine, reconstruction, récit performatif, paysage et imaginaire

MVIC Agadir constitue l’une des premières étapes du programme de recherche Mémoire des Villes – Imaginaires de la Catastrophe, développé par Biche Prod.

Ce travail prend pour point de départ la ville d’Agadir, presque entièrement détruite par un tremblement de terre dans la nuit du 29 février 1960, catastrophe qui a profondément marqué l’histoire et la mémoire de la ville.

À travers cette recherche, il s’agit d’interroger la manière dont une ville reconstruite continue de porter les traces visibles et invisibles d’un événement traumatique. Quels récits subsistent ? Quels paysages ont disparu ? Comment les habitants vivent-ils avec cette mémoire ?

Cette étape de recherche a donné lieu à plusieurs formes d’expérimentation artistique, dont la performance Godzilla vs Elvis, conçue par Guillaume Bariou et Sofian Jouini.

Présentée trois fois à Agadir, cette performance mêlait lecture, danse et musique live, avec la participation d’un musicien de oud, de Anaïs Allais et de Karim Bouheudjeur en guest. Deux représentations ont eu lieu à l’Institut français d’Agadir, tandis qu’une troisième s’est déroulée in situ, devant le Centre culturel Les Étoiles du Souss.

Entre performance, récit et exploration urbaine, MVIC Agadir constitue ainsi un premier laboratoire artistique autour des imaginaires de la catastrophe et de la mémoire des villes.

Archives et traces de recherche

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M.V-I.C. KOBE (2025-2027)

Repères

  • Projet : MVIC Kobe – Mémoire des Villes / Imaginaires de la Catastrophe
  • Artistes : Guillaume Bariou, Sofian Jouini
  • Cadre : recherche artistique internationale
  • Lieu : Kobe, Japon
  • Période de recherche : 2025 – 2027
  • Résidences : mai 2025 (3 semaines), résidence prévue en 2027
  • Champ de recherche : mémoire urbaine, catastrophe, reconstruction, paysages traumatiques, archives, récit et fiction

MVIC Kobe s’inscrit dans le cadre du programme de recherche Mémoire des Villes – Imaginaires de la Catastrophe, développé par Biche Prod.

Cette nouvelle étape prend appui sur la ville de Kobe, marquée par le tremblement de terre de Hanshin-Awaji survenu le 17 janvier 1995. À travers cette recherche, il s’agit d’explorer la manière dont une catastrophe continue de traverser les paysages, les récits, les corps et les imaginaires bien au-delà de l’événement lui-même.

Une première période de résidence de recherche de trois semaines s’est déroulée à Kobe en mai 2025, avec le soutien de la Ville de Nantes. Cette immersion a permis de commencer un travail de collecte et d’observation : arpentage de la ville, rencontres, archives, images, sons et récits liés à la mémoire du séisme et à la reconstruction de la ville.

Une seconde résidence est prévue en 2027, afin de poursuivre cette enquête artistique et d’approfondir les liens entre mémoire urbaine, imaginaire de la catastrophe et création contemporaine.

MVIC Kobe se construit ainsi comme un laboratoire de recherche au long cours, rassemblant documents, témoignages, fragments d’archives, films, musiques et références littéraires. Cette matière nourrit une réflexion artistique sur les villes traumatisées : ce qu’elles gardent en mémoire, ce qu’elles transforment, ce qu’elles tentent d’oublier.

La recherche ne vise pas seulement à documenter un événement passé. Elle cherche aussi à faire émerger des formes, des correspondances et des récits possibles, là où la mémoire des lieux rencontre la fiction, le rêve et la projection.

Archives et traces de recherche

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Blackhole (2017-en cours)

Repères

  • Projet : Black Hole
  • Artiste : Guillaume Bariou, Charles robinson, Sophie Merceron
  • Cadre : projet de recherche transmedia
  • Point de départ : adaptation scénique du roman Mantra de Rodrigo Fresán
  • Période de recherche : 2015 – en cours
  • Déploiement : spectacle, film, eBD interactive, installation, livre-disque numérique
  • Champ de recherche : narration transmedia, mémoire, fiction labyrinthique, métamonde littéraire

Le projet Black Hole est né à la suite de la création du spectacle Mundo Mantra, présenté en 2015 par la compagnie Biche Prod d’après le roman Mantra de l’auteur argentin Rodrigo Fresán.

Au cœur de ce livre foisonnant se déploient plusieurs thèmes majeurs : la ville de Mexico, la mémoire et ses ramifications, mais aussi l’enfance et les récits qui façonnent nos imaginaires.

Peu à peu, une question s’est imposée : et si la création de ce spectacle n’était que la première étape d’un projet plus vaste, capable d’explorer l’univers du roman sous d’autres formes ?

Les romans de Rodrigo Fresán possèdent une particularité singulière : ils évoluent au fil de leurs rééditions. L’auteur y ajoute de nouveaux passages, développe certaines intrigues et crée des extensions narratives. Ses livres dialoguent également entre eux : certains lieux et personnages réapparaissent d’un texte à l’autre, dessinant progressivement un méta-monde littéraire qui traverse l’ensemble de son œuvre.

La recherche Black Hole s’inscrit dans ce mouvement. Elle vise à prolonger l’expérience initiale de Mundo Mantra en explorant différentes extensions narratives et artistiques.

À partir de l’univers fictionnel du roman, plusieurs projets convergents sont envisagés : un docu-fiction, une e-BD interactive, un livre-disque numérique, une installation plastique et vidéo immersive, ainsi qu’une nouvelle forme scénique du spectacle.

L’ensemble est pensé comme un projet transmedia, où chaque forme constitue une porte d’entrée vers le même univers narratif. Ces différentes extensions sont appelées à être rassemblées sur un site internet conçu comme une cartographie du projet, une rampe de lancement vers les différentes constellations de ce monde fictionnel.

Le titre Black Hole fait référence à un personnage du roman : un catcheur existentialiste dont le masque en spirale semble inviter à plonger dans la psyché des protagonistes du récit.

Un trou noir n’est-il pas, au fond, une porte d’entrée vers d’autres univers ?


Étape de recherche – Québec

Une étape importante du projet Black Hole s’est déroulée en juin 2022, lors d’une résidence de recherche de trois semaines entre Québec et Montréal, menée en collaboration avec Productions Rhizome.

Cette phase de travail a réuni Guillaume Bariou, l’auteur Charles Robinson et l’autrice Sophie Merceron afin d’explorer collectivement les différentes ramifications narratives du projet.

À partir de ces échanges et des matériaux développés lors de cette résidence, Guillaume Bariou a créé une première forme scénique intitulée Je vais m’appeler Trou noir, qui constitue l’une des premières incarnations artistiques du projet Black Hole.

Production

Production : Biche Prod & Productions Rhizome

Soutiens

Projet Archipel avec le soutien du Fonds Franco-Québécois pour la coopération décentralisée (FFQCD)
(Ministère des Relations internationales et de la Francophonie, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Nantes Métropole, Ville de Nantes, Théâtre Francine Vasse – Les Laboratoires Vivants, La Rotonde – Québec, OFQJ, LOJIQ)

RECHERCHES

Au sein de Biche Prod, la recherche constitue un espace essentiel du travail artistique.

Elle permet d’ouvrir des temps d’exploration où les artistes peuvent expérimenter, observer, tenter des formes, accumuler des matériaux et déplacer leurs méthodes de travail, sans obligation immédiate de production ou de diffusion.

Ces périodes de recherche prennent des formes multiples : résidences d’écriture ou de plateau, laboratoires artistiques, enquêtes de terrain, collectes de récits, expérimentations sonores ou radiophoniques, travail dramaturgique ou explorations plastiques.

Nous envisageons la recherche comme un processus ouvert, nourri par les rencontres, les territoires et les collaborations artistiques. Elle constitue souvent la première étape d’un projet, mais peut aussi exister pour elle-même, comme un moment de réflexion et de déplacement du regard.

Certaines recherches aboutissent à des créations scéniques, d’autres prennent la forme de traces, d’archives, de documents, de fictions radiophoniques ou de publications.

En défendant ces espaces de recherche, Biche Prod souhaite préserver des temps d’expérimentation artistique libres, nécessaires à l’émergence de nouvelles formes et de nouveaux imaginaires.

Black Hole

Recherche transmedia née à partir du spectacle Mundo Mantra et de l’univers du roman Mantra de Rodrigo Fresán. Un projet archipel entre théâtre, film, installation et narration numérique.

2015 – en cours

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Who Cares ? – L’L Bruxelles

Recherche artistique menée par Guillaume Bariou dans le cadre du programme artistes-chercheurs de L’L autour de l’empathie et de l’altruisme.

2016 – 2021

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MV-IC – TRAUM-A #Agadir

Recherche menée à Agadir autour du séisme de 1960 et des récits urbains liés à la reconstruction de la ville.

2018 – 2021

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MV-IC – TRAUM-A #Kobe

Recherche menée à Kobe autour de la mémoire du tremblement de terre de Hanshin-Awaji (1995) et des imaginaires de la catastrophe.

2026 – 2028

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WHO CARES ? / L’L Bruxelles (2016-2021)

Repères

  • Projet : Who Cares ?
  • Artiste : Guillaume Bariou
  • Cadre : recherche en solo
  • Lieu : L’L – Bruxelles, chercher autrement en art vivant
  • Période de recherche : 2016 – 2021
  • Champ de recherche : empathie, altruisme, fiction radiophonique, performance, écriture de plateau

Recherche à L’L – Bruxelles
Guillaume Bariou – recherche en solo

Who Cares ? est une longue période de recherche mené par Guillaume Bariou dans le cadre du programme artistes-chercheurs de L’L à Bruxelles.

Cette recherche, développée entre 2016 et 2021, a constitué un espace d’exploration autour d’une question centrale : qu’est-ce que l’empathie produit encore dans nos vies, dans nos corps, dans nos récits et dans nos manières de faire théâtre ?

À l’origine du projet, il y a un trouble. Celui d’un artiste qui dit ne pas avoir connu de catastrophe majeure, mais qui se sent pourtant profondément traversé par les drames des autres, par leur récit, par leur retentissement intime, politique et imaginaire. De là est née une enquête sensible sur notre capacité à être affecté, déplacé, mis en mouvement par ce qui arrive à autrui.

La recherche autour de Who Cares ? s’est construite à partir de matériaux hétérogènes : lectures, enregistrements, expérimentations scéniques, intuitions dramaturgiques, partitions physiques, gestes sonores, écriture fragmentaire. Elle a peu à peu dessiné une forme hybride, à la frontière de la fiction, de la performance, du concert, de la radio et de l’adresse directe.

Au fil du processus, une ligne s’est affirmée : faire de cette recherche un espace où réalité et fiction se frottent l’une à l’autre, où la pensée reste en mouvement, où l’émotion ne serait ni décorative ni morale, mais une force de déplacement.

La recherche à L’L a permis de donner du temps à cette traversée. Du temps pour creuser, déplacer, essayer, échouer, recommencer. Du temps aussi pour travailler sans obligation immédiate de production, et laisser émerger un langage propre.

Who Cares ? est ainsi issu d’un processus de recherche au long cours, où la scène a été envisagée comme un lieu de friction entre l’intime et le politique, entre l’amour et la violence du monde, entre le souci de l’autre et la difficulté concrète de vivre avec lui.

Traces de recherche

La recherche menée à L’L – Bruxelles a donné lieu à un ensemble de documents, notes, fragments et matériaux réunis dans un document de fin de recherche.

Ces traces permettent d’entrer dans le processus de travail de Guillaume Bariou et dans les différentes strates qui ont accompagné la naissance de Who Cares ?.

Traces de fin de recherche

Consulter le document PDF publié par L’L autour de la recherche de Who Cares ?

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CABANE au BREIL 2025-2026

Pour découvrir l’ensemble du projet, les archives et les créations liées à Cabane :

Accéder au site cabane.site

Cabane

Résidences artistiques de territoire – quartier du Breil, Nantes (2025-2026)

Cabane est un projet artistique de territoire porté par Biche Prod dans le quartier du Breil à Nantes, dans le cadre des résidences artistiques de territoire soutenues par la Ville de Nantes pour la période 2025-2026.

Le projet est mené aux côtés de la chorégraphe Audrey Bodiguel (La Veine) et du chorégraphe Sofian Jouini (La 37ème Chambre).

Cabane est née d’une envie simple : habiter un territoire autrement, en y créant des espaces de rencontres entre artistes, habitants, enfants, adolescents, associations et structures du quartier.

Plutôt qu’un programme fermé, Cabane est pensée comme un espace ouvert et évolutif, où les formes artistiques se construisent au fil des rencontres et des situations. Ateliers d’écriture, fictions radiophoniques, collectes de mémoire, expériences sonores, créations in situ, invitations d’artistes ou moments de partage public : le projet se déploie à travers des formats multiples.

Au cœur de Cabane, il y a l’idée que l’art peut être un outil pour raconter les territoires, faire apparaître des récits invisibles et inventer d’autres manières d’être ensemble.

Le projet s’appuie sur plusieurs principes :

  • créer avec les habitants plutôt que pour eux
  • faire de l’art un espace d’expérimentation accessible
  • valoriser les récits, les imaginaires et les mémoires du quartier
  • ouvrir des temps de création où se croisent artistes professionnels et participants

Cabane est ainsi un espace de recherche, de transmission et de création partagée, où se fabriquent des formes hybrides à la frontière entre théâtre, radio, écriture, danse et documentaire.

Plus qu’un projet culturel, Cabane est une tentative de construire un espace commun de création, fragile et vivant, où l’on peut expérimenter ensemble d’autres manières d’habiter un territoire.

HARUKA’S SUNFLOWER

Les tournesols de Haruka : une mémoire vivante née des décombres de Kobe

Le 17 janvier 1995, à 5h46 du matin, un séisme de magnitude 7,3 frappe la région de Kobe, causant la mort de plus de 6 400 personnes et laissant la ville en ruines. Parmi les victimes se trouve Haruka Kato, une fillette de 11 ans, ensevelie sous les décombres de sa maison. Six mois plus tard, sur le terrain vide où se dressait autrefois sa demeure, des tournesols fleurissent spontanément. Les habitants, émus, les surnomment « les tournesols de Haruka », y voyant un symbole d’espoir et de renaissance.

Touchés par cette apparition, ses parents récoltent les graines et commencent à les distribuer autour d’eux. Peu à peu, les tournesols de Haruka voyagent. Ils sont semés dans d’autres quartiers de Kobe, puis dans d’autres villes. Lors d’autres catastrophes – le séisme de Niigata en 2004, celui de Fukushima en 2011 – des graines sont envoyées comme un geste de solidarité, de réconfort, de mémoire partagée.

Ces tournesols deviennent rapidement un emblème de résilience. Des graines sont récoltées et distribuées à travers le Japon, puis à l’étranger, pour être plantées dans des zones sinistrées. Ainsi, les « tournesols de Haruka » ont fleuri dans des régions touchées par des catastrophes naturelles, apportant réconfort et solidarité aux survivants.